Le fil à plomb.
Je vais vous exposer ce soir le symbole du second surveillant : le fil à plomb, qui se trouve aussi au centre de la loge. C’est l’un des premiers symboles qui nous accompagnent au grade d’apprenti.
Outil simple en apparence, il est pourtant d’une grande richesse. Sur le chantier, il sert à vérifier la verticalité d’un mur. Il garantit que la construction est droite, stable et solide.
Mais en loge, comme souvent, l’outil devient symbole. Et ce symbole nous parle de nous.
Placé au centre de la loge, le fil à plomb relie symboliquement la voûte étoilée à la terre.
Il trace une ligne invisible entre deux pôles :
Le haut … et le bas,
Le ciel… et la matière.
D’un côté, le zénith, (du latin zenit provenant lui-même de l’arabe samt, sommet ou encore chemin au-dessus de la tête). Il est le point imaginaire le plus élevé, symbole de l’élévation, de l’idéal, de l’esprit. Le Zénith donne donc la direction verticale ascendante. A noter qu’il ne correspond pas toujours au plus haut point du soleil dans le ciel.
De l’autre, le nadir, (de l’arabe nazir = opposé) point le plus profond, symbole de la densité, de la matière, de notre condition terrestre. Le point imaginaire situé au plus bas sous l’observateur. Le nadir pointe donc la direction verticale ascendante.
Et nous Francs-maçons, où nous situons-nous ?
Entre les deux.
Le fil à plomb nous rappelle que nous sommes des êtres intermédiaires : à la fois dans la matière et appelés à nous élever.
Toute la difficulté et toute la beauté réside dans cet équilibre. La symbolique de l’harmonie entre ce qui est en haut et ce qui est en bas, suggérant que dans ces deux opposés subsiste une union.
Mais ce qui est frappant, c’est que le fil à plomb ne monte pas d’abord. Il descend la pointe vers le bas. Et cela peut sembler paradoxal… car nous sommes souvent tentés de chercher l’élévation par le haut directement.
Or la voie initiatique nous enseigne l’inverse. Elle nous invite d’abord à descendre en nous-mêmes.
A l’image de la formule V . I . T . R . I . O. L découverte dans le cabinet de réflexion :
Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultam Lapidem
Visite l’intérieure de la terre, et en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée. C’est une invitation à l’introspection, à la connaissance de soi qui mènera peut-être à la connaissance de l’univers tout entier (cf l’inscription sur le temple de Delphes : Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux).
Descendre en soi n’est pas confortable, c’est d’aller à la rencontre de ce qui nous compose réellement :
Nos certitudes
Nos peurs
Nos illusions
Nos automatismes
C’est d’accepter de voir ce qui, en nous, fait obstacle à la vérité.
Car finalement, qu’est-ce que se connaître ?
Ce n’est pas accumuler des savoirs.
C’est d’enlever.
Enlever ce qui déforme notre regard, enlever ce qui nous éloigne de la réalité :
Nos préjugés, nos passions, notre égo…
Le travail de l’apprenti est un travail de dépouillement. Travailler sa pierre brute.
Et c’est là que réside le paradoxe :
C’est en allant par le bas… que nous pouvons espérer nous élever. C’est là tout le paradoxe de la connaissance : c’est en cherchant vers le bas tel que nous indique le fil à plomb que nous pourrons accéder aux secrets d’en hauts. C’est à dire la vraie connaissance de soi.
Je cite notre rituel : qui dès le début de notre initiation, le VM indique au profane :
Sachez monsieur que c’est pour mettre un frein salutaire à nos passions, pour vous élever au-dessus des intérêts mesquins qui tourmentent les profanes que nous nous assemblons dans nos LL :.
Nous travaillons sans relâche à notre amélioration, nous accoutumons notre esprit à ne recevoir que des idées d’honneur et de vertu par l’ascèse initiatique
( def ascèse : Ensemble d'exercices physiques et moraux destinés à libérer l'esprit par le mépris du corps en vue d'un perfectionnement spirituel ou moral)……
C’est en réglant ainsi son inclinaison et ses mœurs que l’on parvient à donner à son âme ce juste équilibre qui constitue la Sagesse, c’est à dire l’art de vivre.Le fil à plomb nous enseigne aussi donc la rectitude. Comme nous le montre de façon imagé notre rituel.
Être « d’aplomb », ce n’est pas seulement être droit physiquement. C’est être droit moralement : Droit dans ses pensées, droit dans ses paroles et droit dans ses actes.
Mais cette rectitude n’est jamais acquise. Nous penchons tous.
Vers nos désirs,
vers nos excès,
vers nos illusions.
Alors, comme le maçon ajuste sans cesse son mur, nous devons nous réajuster nous-mêmes. Encore… et encore comme le dit si bien Francis ….;-)
Placée au centre de la Loge, le fils à plomb évoque aussi quelque chose de plus vaste. Elle devient l’image d’un axe. Un axe invisible, mais essentiel.
L’axe du monde.
Celui qui relie tous les niveaux de l’existence. Celui qui structure, qui ordonne, qui équilibre.
On le retrouve dans de nombreuses traditions : dans l’arbre de vie, symbole de paix et d'harmonie.
dans la montagne sacrée, la figure symbolisant le lieu de la naissance du monde, le sommet d'où émerge la vie, la source de toute réalité.
Cet axe, c’est aussi la Loi.
Une loi universelle, qui dépasse l’homme.
Et le fil à plomb nous enseigne une chose essentielle :
Ce n’est pas à la loi de s’adapter à nous… c’est à nous de nous y aligner.
Dans le livre de la Genèse, l’arbre de vie trône au centre du jardin d’Eden. Il représente l’axe du monde en même temps que la vie éternelle, le bonheur et l’innocence.
En croquant du fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, Adam et Eve ont provoqué un décentrage : ils se sont écartés de l’arbre de vie pour tenter de concurrencer Dieu sur le terrain de la connaissance. Ce péché d’orgueil plonge l’humanité dans la honte et la souffrance.
S’écarter de l’axe du monde, c’est donc se perdre. C’est se croire tout puissant, libre et autonome.
Ainsi, s’écarter de cet axe, c’est se perdre. C’est croire que l’on peut avancer seul, sans repère. C’est céder à l’orgueil.
À l’inverse, rester aligné, c’est avancer avec justesse, sans excès, sans illusion.
Je ne peux terminer cet exposé sans en faire ma propre introspection en rapport au fil à plomb
Alors j’ai essayé de mieux me connaître et d’observer ma pierre brute et de comprendre comment trouver cet alignement en allant introspecter au plus profond de moi, et je me suis aperçu qu’il fallait retirer de la matière tel l’égo qui nous fait dévier, et cela afin que je travaille l’humilité.
Pourtant, originaire d’un milieu modeste, mes parents m’ont élevé avec cet adage que je n’ai jamais oublié « n’oublie jamais de là où tu viens ». En effet, il est important pour mes parents de rester dans les valeurs, et dans la simplicité quelques soit nos destinés.
L’humilié se vit chaque jour, de par son état d’être, sa façon d’être.
Alors je me suis poser la question : suis-je vraiment humble aujourd’hui ? n’ai-je pas un égo de trop. N’ai-je pas dévié du fil à plomb que nous voyons lors de notre initiation. Je sais que je ne l’ai toujours pas été. Face à ma construction d’homme vis-à-vis de mon père. L’orgueil se veut toujours se révéler afin de démontrer que nous savons faire cela ou ceci face à nos parents. Face aussi à nos supérieurs hiérarchiques, à nos collègues de travail.
La personne humble est celle qui reconnaît ses limites et ses fragilités. L'humilité n'est pas une qualité innée chez les hommes ; il est communément considéré qu'elle s'acquiert avec le temps et le vécu. Elle s'apparente à une prise de conscience de sa condition et de sa place au milieu des autres et de la société l’environnant.
L’humilité est la forme la plus aboutie de la connaissance de soi. Elle suppose une perception claire et lucide de ce l’on est réellement et de la place qu’on occupe dans le monde.
Mon travail de l’humilité à travers mon initiation où apprendre à devenir humble
Entrer en franc-maçonnerie, m’a redonné une certaine forme d’humilité. On entre en tant qu’apprenti. Quel que soit notre âge, notre catégorie sociale. Nous, « apprentis », nous sommes tous à la même enseigne : Après avoir trouvé la lumière, nous sommes au début de notre parcours de recherche sur nous-même. La loge nous faisant ressentir de manière bienveillante que nous sommes nouveaux en FM, elle nous apprend, ou réapprend ce qu’est l’humilité en démarrant au bat de l’échelon du parcours d’initiation. Nous avons tous à apprendre pour trouver la véritable lumière.
Se mettre à nu lors des enquêtes à des inconnus avant notre entrée en FM est d’une certaine manière un exercice d’humilité. Raconter ce que l’on est avec sincérité sans se mettre trop en valeur. Passer sous le bandeau est encore un exercice à travailler avec humilité. J’ai dû prendre en considération ce que je suis, mes propres valeurs afin de dire qui je suis réellement face à la respectable loge qui allait m’accueillir.
Ces expériences m’ont enseigné un certain travail qui fait son chemin, et je sais que la poursuite de ma voie en FM m’apportera encore de nombreux indices pour avancer encore et encore.
Apprendre à devenir plus humble dans le monde profane
L’architecte n’a pas réputation pour cultiver l’humilité. J’ai moi-même touché de près l’opposé de l’humilité qui est l’orgueil, la suffisance et l’arrogance.
L’humilité ne m’avait pas trop accompagné dans les premiers temps de l’exercice de mon métier. Je ne suivais pas trop la voie de l’humilité. Les premiers bâtiments que je dessinais seul, que je mettais en forme pour savoir comment les bâtir, mes premiers chantiers. C’était l’état d’une satisfaction première, ou je me mettais en avant sans aucune humilité. Et puis le temps passe, ces première fois, deviennent des deuxièmes et jusqu’aux nième, pour comprendre que je n’étais qu’un petit maillon dans la chaîne de la construction.
Et en dehors de mon métier me diriez-vous alors ? je pense que nous apprenons beaucoup en humilité en apprenant de nouvelles choses, que ce soit en sport, ou toutes autres activités. Ce qui a été mon cas dans le sport par exemple. Par contre, lorsque l’on prend expérience et ancienneté en la matière, c’est là qu’il nous faut garder humilité et savoir garder raison que nous ne sommes qu’un simple maillon de la connaissance du domaine et que nous devons sans cesse continuer à apprendre le domaine dans lequel nous exerçons.
Je dirais que « L’humilité est la forme la plus aboutie de la connaissance de soi. Elle suppose une perception claire et lucide de ce l’on est réellement ». Ce qui me permet d’avoir ce recul. Enfin d’essayer, car il n’est pas toujours facile de rester humble face à l’arrogance de certains, on aurait vite envie d’entrer dans ce jeu afin de se défendre.
Ainsi, le fil à plomb est comme un guide à suivre. Qui me permet de suivre une voie sans trop ni moins.
Il ne nous dit pas seulement où aller…
il nous montre comment être. Il nous invite à descendre en nous-mêmes,
à nous redresser,
à nous aligner.
C’est être humble, lucide et chercher à savoir de quoi nous sommes faits. La verticalité est le symbole de la connaissance de soi, le but étant de trouver ce qu’il y a de plus universel en nous.
VM :. J’ai dit
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